Permis à points : comment fonctionne l’examen ?

03/08/2026

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Dominic Faure

Le permis de conduire français est un permis à points — 12 points au départ, perdus en cas d’infraction, récupérables sous conditions. Mais avant d’en arriver là, il faut d’abord passer l’examen. Et selon la catégorie visée (voiture, moto, transport en commun, remorque…), les épreuves ne se ressemblent pas du tout.

Ce que beaucoup ignorent : le système de points ne démarre qu’à partir du moment où le permis est délivré. L’examen lui-même ne donne ni n’enlève de points. C’est pourtant le passage obligé pour accéder à ce capital de 12 points — ou 6 points pendant les deux premières années de conduite accompagnée ou supervisée.

L’examen du permis : ce que l’on passe vraiment

Les épreuves selon la catégorie de permis

Il n’existe pas un seul examen du permis, mais plusieurs, organisés par catégorie de véhicules. Voici les principales :

  • Catégorie B (voiture) : l’épreuve théorique générale (ETG, souvent appelée « code ») + une épreuve pratique de conduite en circulation. La réussite à l’ETG est valable 5 ans.
  • Catégorie A / A2 (moto) : mêmes principes, avec une épreuve hors circulation (maniabilité) en plus. La moto impose un passage progressif — A2 avant A, sauf si l’on a plus de 24 ans et 2 ans de pratique A2.
  • Catégorie BE (voiture + remorque lourde) : épreuve pratique spécifique, accessible aux titulaires du B depuis au moins 2 ans.
  • Catégories C, CE, D, DE (poids lourds, transport en commun) : épreuves théoriques et pratiques distinctes, souvent précédées d’une formation professionnelle obligatoire.

Pour chaque catégorie, la demande d’inscription passe par un auto-école agréée ou, pour certaines épreuves théoriques, directement en ligne sur le site officiel de l’État. L’attestation de réussite est délivrée sur place le jour de l’examen pratique, avant réception du titre définitif.

Le déroulement de l’épreuve théorique (le « code »)

40 questions, 35 bonnes réponses minimum pour valider — c’est le seuil en vigueur pour l’ETG voiture. L’épreuve dure environ 30 minutes et se passe sur écran tactile dans un centre agréé. Certains centres proposent aussi un passage en ligne dans le cadre de l’examen surveillé à distance, selon les régions.

La sécurité routière occupe une large part des questions : distances de freinage, signalisation, comportements à risque, règles de priorité. Les candidats ont souvent l’impression de bien connaître le code… jusqu’à ce qu’ils voient les statistiques. En 2023, le taux de réussite à l’ETG tournait autour de 60 % au premier passage — ce qui signifie que 4 candidats sur 10 repassent l’épreuve au moins une fois.

L’épreuve pratique de conduite

Environ 32 minutes de conduite réelle en circulation, avec un inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR). L’évaluation porte sur :

  • La maîtrise du véhicule (trajectoires, maniement, gestion de la vitesse)
  • Le respect du code de la route et des autres usagers
  • L’anticipation et la prise de décision dans la circulation
  • Les exercices imposés : marche arrière, stationnement, voire parcours sur autoroute selon le trajet

Le résultat tombe le jour même. En cas d’échec, un compte-rendu détaillé permet de cibler les points à travailler avant de repasser. Le délai entre deux tentatives pratiques est généralement de 2 à 3 mois, selon la disponibilité des places dans la zone concernée — un vrai point de friction dans les grandes agglomérations.

Les points du permis : le vrai enjeu après l’examen

Capital de départ et conduite accompagnée

Obtenir le permis, c’est recevoir un capital de 12 points. Sauf si l’on a opté pour l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC, dit « conduite accompagnée ») ou la conduite supervisée : dans ce cas, on démarre avec 6 points, mais on monte à 12 points après seulement 2 ans sans infraction, contre 3 ans pour les autres nouveaux conducteurs.

Ce système récompense concrètement la prudence en début de vie au volant. Un jeune conducteur qui passe 2 ans sans retrait de points récupère son capital plein bien plus vite — et ça change réellement la donne en cas d’infraction ultérieure.

Perte et récupération de points

Les retraits de points varient selon la gravité de l’infraction :

  • 1 point : excès de vitesse inférieur à 20 km/h en dehors d’une agglomération
  • 3 points : usage du téléphone au volant, non-port de la ceinture
  • 6 points : conduite sous l’emprise d’alcool (entre 0,5 et 0,8 g/L), grand excès de vitesse
  • 8 points (solde nul immédiat possible) : alcoolémie supérieure à 0,8 g/L, refus de contrôle

La récupération automatique intervient après 6 mois sans infraction ayant entraîné retrait de points — mais seulement pour 1 point à la fois. Pour récupérer jusqu’à 4 points d’un coup, un stage de sensibilisation à la sécurité routière (2 jours) est possible, dans la limite d’une fois par an.

Solde zéro : que se passe-t-il ?

Zéro point, c’est l’invalidation du permis. Le conducteur reçoit une lettre recommandée lui imposant de restituer son titre dans les 10 jours. Repasser le permis devient alors obligatoire — l’ETG et l’épreuve pratique, exactement comme un primo-conducteur. Un retour à la case départ, littéralement.

Avant d’en arriver là, le conducteur reçoit deux courriers d’alerte : l’un à 6 points restants, l’autre à 2 points. Ces avertissements passent souvent inaperçus, faute d’adresse à jour dans le fichier national des permis de conduire — vérifier ses informations sur le téléservice officiel prend moins de 5 minutes et évite bien des mauvaises surprises.